Bonjour,

L'hiver 2015-16 est globalement doux et inégalement enneigé à l'échelle du Massif central.

Sur le plan thermique, 2015-16 se place parmi les semestres froids les plus doux enregistrés depuis 1950-51. Dans les deux postes de référence du Mont-Aigoual et du Mont-Dore, L'excès est proche de 1,5°C par rapport aux valeurs moyennes de la période. Le début d'hiver est particulièrement doux, la moyenne des températures observée durant décembre 2015 est la plus élevée de la période 1950-51 - 2015-16 dans ces deux postes. L'hiver 2015-16 s'inscrit donc pleinement dans la tendance à la hausse rapide des températures, observée à l'échelle globale depuis ces dernières décennies, comme le montre le graphique ci-dessous :

 

Les précipitations sont comme souvent réparties de manière inégale à l'échelle du Massif central. Les bordures occidentales et sud- orientales enregistrent les totaux les plus élevés alors que les parties internes sont peu arrosées: 1500 mm pour les postes localisés au coeur du Cantal et du Mont-Dore, moins de 300 mm au sud du Devès (carte ci-dessous). A l'échelle mensuelle, l'hiver est très contrasté sur la bordure océanique, janvier et février très humides succèdent à un mois de décembre très sec : au Lioran par exemple, on mesure moins de 30 mm en décembre et plus de 500 mm en janvier. Sur la bordure orientale, la répartition mensuelle est plus homogène.

CarteMC_BilanPrecip_01

 

La comparaison des précipitations du semestre froid 2015-16 avec les années passées montre un net dégradé ouest - est: précipitations excédentaires dans les Monts d'Auvergne, proches des normales dans la partie médiane et déficitaires dans la partie orientale (carte ci-dessous). L'hiver 2015-16 est donc dominé par les flux océaniques humides.

CarteMC_BilanPrecip_02

 

Ce sont essentiellement les apports humides de janvier à mars qui ont permis d'enneiger les hautes terres. Entre 1000 et 1200 m d'altitude, on relève globalement 55 à 100 jours de neige au sol et les épaisseurs maximales sont comprises en général entre 30 et 60 cm. Les valeurs sont proches des normales dans le sud du Massif central et déficitaires par rapport aux normales dans les postes septentrionaux, en lien avec la faible fréquence des flux nordiques neigeux durant cet hiver, comme le montre la carte ci-dessous :

CarteMC_BilanNeige_01

 

En altitude, à l'exception des sommets du Nord-Est comme le Mézenc, l'enneigement est globalement proche des normales. C'est le cas dans la vallée du Monts Dore, ici à 1200 m :

 

 

Le constat est identique près des sommets, comme sur le versant nord du Puy Ferrand, à 1700 m d'altitude, où à partir des relevés décadaires, on relève 180 jours de neige au sol et une épaisseur maximale de 225 cm :

 

Dans le détail, les premières chutes de neige blanchissent les sommets dans la dernière décade de septembre. Ensuite, le début de l'hiver est peu enneigé. Les hauteurs de neige maximales sont mesurées plus tardivement, entre la mi mars et la fin mars (graphique Mont-Dore 1500 m ci-dessous) :

MD 1500

 

La neige tombe à nouveau lors de la dernière décade de mai (photo du jour) :

IMG_0484a

Dernières chutes de neige de la saison ? Ou bien place au printemps ?

IMG_0270a

 

A venir dans les prochaines semaines :

1/ L'album photo de l'hiver à compléter. Les clichés de novembre à mars sont en ligne, il manque ceux d'avril - mai.

2/ Un petit bilan de l'enneigement dans les autres secteurs de montagne. Actuellement, l'enneigement est encore relativement abondant au-dessus de 2500 m, en particulier en Vanoise.

3/ Le suivi des derniers névés dans les monts Dore.

 

Bonne soirée